J’AI FAIT UN DRONE DE CAUCHEMAR – La grande rue de Charny-Orée-de-Puisaye était sens unique

J’AI FAIT UN DRONE DE CAUCHEMAR 

Facilité l’accessibilité des personnes handicapées dans les lieux publics tout le monde le comprend. Toutefois heureusement qu’il y a Facebook pour en apprendre un peu plus sur les projets de transformation du centre-ville.

Depuis quelques jours, la grande rue est en sens unique. En venant de Toucy/Saint-Martin, obligé de faire un petit parcours à travers les petites rues de la ville pour arriver au parking… Allez, pourquoi pas si cela peut servir aux autres.

Sur une page Facebook j’ai vu 2 planches de dessin sur ce qui pourrait ressembler à la rue dans quelque temps. Mais il faut beaucoup d’imagination en voyant ces 2 dessins pour imaginer les travaux qui seront réellement faits.

La municipalité espère obtenir 60 % de subventions : État, Région, peut-être Europe.

Je ne doute pas une seule seconde que la mairie a vu d’autres dessins de ce que va devenir notre ville. Mais en ce qui me concerne et certainement pour beaucoup d’autres habitants de Charny et des autres communes, je ne crois pas que ces dessins ont été communiqués en amont à la population? ( sauf peut-être le 30 novembre 2021 à la salle polyvalente de Charny?).

Quand on sait que ces travaux vont coûter plus d’un million d’euros pour la première tranche ( réfection de certains trottoirs et routes, aménagements, marquages au sol…) et même si la municipalité espère obtenir 60% de subventions la vie de beaucoup de personnes de Charny va changer et on n’a vraiment pas eu beaucoup de renseignements sur ce projet.

La ville de Charny-orée-de-Puisaye est une très belle et ancienne ville que beaucoup de gens aiment, avec de beaux trottoirs en briques rouges qui donnent un charme fou au centre-ville.

Comme beacoup, je me pose de nombreuses questions et j’aimerais savoir si une personne peut répondre en particulier à celles-ci :

1 / Quelles sont réellement les trottoirs qui font moins d’un mètre 1,40 m en centre-ville ?

2/ Est-ce que les trottoirs seront refaits exactement comme ils sont aujourd’hui, c’est-à-dire avec des briques rouges, où vont-ils être revêtus d’un goudron de couleur comme c’est le cas dans beaucoup de nouvelles villes.

3 / Pourquoi choisir de déplacer le monument aux morts, ce qui va coûter plusieurs milliers d’euros .. ? Peut être serait t-il possible de retirer simplement les 2 première marches pour avoir les 1,40m. ? et un bon coup de nettoyage suffirait ?.

3/ Effectivement il y avait des jours où la traversée du centre-ville n’était pas toujours facile, mais la bonne volonté des conducteurs faisait que généralement tout se passait pas trop mal. Il a été prouvé que le fait de mettre une rue en sens unique augmente significativement la vitesse des véhicules qui l’empruntent. Autrement dit les rues en sens unique sont réputées faciliter les excès de vitesse. La réglementation est à 30 km heure. J’espère vraiment que les conducteurs respecteront cette limitation de vitesse pour la sécurité de tous.

4 /je plains d’avance les habitants des rues des ponts, des écoles, de la République, de Sainte-Anne qui vont voir passer à la queue leu leu de très nombreuses voitures venues se garer au parking de la rue des écoles. Surtout cet été !

5/ je plains aussi les nombreux commerçants du centre-ville qui risquent de perdre de nombreux clients. J’espère vraiment me tromper. Je crains que les petits commerçants du centre-ville, malheureusement, se fasse de plus en plus rares comme dans beaucoup d’autres petites villes.

Enfin voilà sur la table toutes ces questions que de nombreuses personnes se posent sur ce que va devenir le centre-ville de Charny. Encore une fois, je ne suis pas contre le changement ni contre le modernisme, n’y contre tout ce qui m’amène à changer mes habitudes, mais je demande simplement à nos élus de nous en dire un peu plus sur ces transformations afin de se sentir vraiment concerné par cette décision prise pour être en conformité avec les normes d’accessibilité pour les personnes handicapées.

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Villefranche-Saint-Phal reçoit du beau monde le 8 septembre 1912

Nous sommes le 8 septembre 1912 devant ce qu’il reste de la vieille chapelle de l’abbaye de Villefranche-Saint-Phal. La ville compte 747 habitants administrés par le maire M. Gache. On est venu de loin pour assister à la grande fête qui célèbre le huitième centenaire de la fondation de l’abbaye cistercienne des Echarlis. Le Saint-Père Pie X en personne a donné sa bénédiction pour le bon déroulement des festivités. Une visite de l’abbaye a lieu, suivie d’une cérémonie religieuse à la vieille chapelle du monastère présidée par Mgr Chesnelong, archevêque de Sens.

Difficile de résumer en quelques mots huit siècles d’histoire de l’abbaye de Villefranche.

Tout commence au XIIe siècle quand un seigneur de La Ferté-Loupière nommé Vivien donne au prêtre Etienne et à ses compagnons, Thibaut et Garnier, le lieu-dit des Echarlis, pour y bâtir un monastère rattaché à l’abbaye cistercienne de Clairvaux, et des terrains autant que nécessaire à prendre sur la forêt de Wèvre pour les transformer en prés.

L’abbaye s’enrichit des donations du roi Louis le Gros acquis aux bienfaits de l’eau de sa fontaine, au goût de fer, aux mille vertus. Elle bénéficie aussi des générosités de son successeur le roi Louis VII. En ce début du second moyen-âge, le monastère de Villefranche-Saint-Phal est au sommet de sa prospérité. Les moines défrichent et mettent en valeur toute la contrée environnante. On construit même une magnifique église. Successivement, Philippe-Auguste, Saint Louis, Philippe le Bel, Jean le Bon s’intéressent à l’abbaye et lui accordent des privilèges.

Hélas, avec la guerre de Cent Ans, commence le déclin, avant la ruine. En 1357, l’église est en partie détruite par une bande d’Anglais qui y met le feu. Puis viennent les jours troublés du protestantisme, qui empêchent les Echarlis de restaurer leur antique prospérité. La grande révolution de 1790 va terminer de disperser les moines. En 1792 le monastère devenu « bien national  » ainsi que les terrains qui l’entourent seront vendus à vil prix. Le nouveau propriétaire Luc Leriche démolira les bâtiments jugés inutiles pour tirer profit de la vente des matériaux.

Mais retournons en 1912, devant les restes de la vieille chapelle de l’abbaye de Villefranche-Saint-Phal à l’occasion de la célébration du 800ème anniversaire de la fondation de l’abbaye cistercienne des Echarlis. Nous sommes le 9 septembre, au lendemain de la cérémonie de commémoration. Le maire de Villefranche, fort d’un arrêté interdisant tous pavoisements autres que ceux aux couleurs nationales ou étrangères, dresse un procès-verbal à M. Camille Couillault pour avoir décoré la façade de sa maison de drapeaux pontificaux. M. Couillaut sera condamné à neuf amendes de un franc chacune ( une par drapeau) et on lira dans la presse « Si le maire de Villefranche cherchait une occasion pour se rendre ridicule, il l’a trouvé. » 

En regardant la carte postale, en découvrant l’histoire de ce monastère, j’imagine de grandes fêtes en tenues d’époque autour de la porterie de l’abbaye des Echarlis. Sans en faire le Puy du Fou, l’idée pourrait séduire nos élus d’organiser avec le soutien des associations locales, un événement festif. Ce serait une belle façon de nous réunir autour de ce lieu passionnant rempli d’histoires, grande et petites.

 

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Mort d’un instituteur à Villefranche-Saint-Phal

 

Continuons notre petit tour de nos 14 communes de Charny Orée de Puisaye à la belle époque à travers  » la petite histoire » de nos communes.

Nous sommes en 1907 à Villefranche-Saint-Phal et nos petits écoliers n’ont plus d’instituteur. Le samedi  7 décembre M. Pierre-Alexis Gason, officier d’académie, instituteur à Villefranche-Saint-Phal, faisait sa classe comme d’habitude lorsque, vers dix heures du matin, il fut pris d’un malaise. 

Les enfants de l’école voyant leur maître malade s »empressèrent d’aller chercher sa femme. Monsieur Gason fut transporté dans la salle à manger sur un matelas, où les soins les plus éclairés lui furent prodigués par le docteur Gâche, mais en vain, M. Gason, succomba le lendemain matin d’une congestion cérébrale sans avoir repris connaissance.

L’histoire aurait pu finir simplement par un enterrement et un beau discourt, mais le jour des obsèques, on fut étonné par l’absence des Villefranchois et Villefranchoises. Ce manque de présence a tellement frappé l’opinion publique qu’un texte écrit dans la presse avait fait beaucoup de bruit dans la ville. 

En voici quelques extraits:

C’était une cérémonie bien triste, bien navrante ; mais rendue plus triste et plus navrante encore par l’absence, aux obsèques, de la plus grande partie de la population. Pas un ancien élève pour lui dire adieu. Derrière son convoi, pas vingt personnes de ce pays où, pendant vingt-huit ans, il a dépensé son intelligence et ses forces.

Pour mériter votre estime, il faut en faire un peu plus, dites-vous, gens de Villefranche. Eh oui ! Je suis bien de votre avis. La preuve, c’est qu’après avoir instruit trente de vos générations, il vous laisse l’esprit plus fruste qu’aux premiers jours.

Braves gens, vous avez raison ! Le travail intellectuel, c’est toujours trop payé, cela ne se voit pas. Et, en effet, chez vous, c’est comme ça : avec les meilleures méthodes et le plus absolu dévouement, cet instituteur d’élite n’a pu défricher les broussailles de votre cerveau. D’abord, est-ce que vous demandiez à être défrichés ?

Et puis 28 ans ! Est-ce qu’on reste 28 ans dans un pays ? Pauvre ami, tu te croyais utile ; tu n’étais que mouche d’un coche. On te le fit bien voir.

Gens de Villefranche, à l’esprit large, chacun sait ça, écoutez cependant : nul n’est complètement bon, ni complètement mauvais. Quand on a fait plus de bien que de mal, on a droit à l’estime d’autrui. Quand on a fait plus de mal que de bien, on a droit à l’exécration. Or, cet homme, de l’avis de ses chefs, de ses amis, de ses collègues, a fait énormément de bien, à vous, à sa patrie ; il devait pouvoir compter sur votre reconnaissance. Mais c’est une fleur qui ne pousse pas sur votre territoire.

J’admire l’instituteur qui viendra prendre sa place, mais ne l’envie point.

À bientôt pour d’autres histoires de nos communes.

Pascal  

 

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Courtenay – La place le jour du marché à la belle époque

Courtenay la place le jour du marché

Nous sommes un jeudi de 1914 et c’est le jour du marché à Courtenay.

La ville compte 2876 habitants administrés par le maire M. Chesneau. Les marchands de bestiaux sur la commune en 1914 sont M. Bajou, M. Garnier, M. Marchaison, M. Neveu et M. Vincent. Pour la vente de chevaux, c’est M. Morisson et M. Ravisé à qui il faut s’adresser.

Pour l’achat d’une belle bicyclette ou la réparation de son vieux vélo, les maisons Drouet, Fribaultet Prévost sont à votre service. Pour louer une voiture hippomobile et chose plus rare, une automobile, on demande à la maison de M. Barrière ou de M. Glandon.

La ville compte aussi une belle usine de 2500 m2 de bâtiment appartenant à M. Lebeaupin où l’on fabrique des barattes et des écrémeuses. Cette même usine sera complètement détruite par un incendie dix ans plus tard, en 1924.

Tout est calme à Courtenay en ce mois de mars 1914 et on ne peut pas imaginer que dans quatre mois la grande guerre va commencer.

En ce mois de mars 1914, les prix sur le marché de Courtenay sont encore raisonnables. À la fin de la guerre en 1918, les prix auront quasiment doublé, et continueront d’augmenter. La France connaîtra une inflation d’une ampleur inconnue après un siècle de stabilité.

L’indice des 13 produits de première nécessité passera de 100 en juillet 1914 à 261 en octobre 1918.

Voici quelques prix constatés en 1914 puis en 1917 sur le marché de Courtenay.

Les 75 kg d’avoine pour 32 fr (60 fr en 1917), le pain blanc à 0,40 fr le kilo (0,55 fr en 1917), 1 kilo de beurre à 3 fr (6,90 fr en 1917), un lapin à 3 fr (5,50 fr en 1917) , 1 kilo de veau à 2,50 fr (4,50 fr en 1917), 1 kilo de porc à 2,30 fr (5,80 fr en 1917) etc. etc.

À bientôt avec « La petite histoire » de Courtenay de la belle époque et des années folles.

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Les anarchistes font du sabotage entre Prunoy et Charny

Allons faire un petit tour à Prunoy à la belle époque. En 1909, la ville compte 579 habitants administrés par le maire M. Gillon. Le boulanger est M. Lambert, le bourrelier M. Desgardes, le cordonnier M. Lesince et les deux sabotiers M. Blin et M. Fourgereux.

L’année 1909 sera pour les bureaux de poste une année de grèves qui déclenchent une colère nationale des utilisateurs des postes et télégraphes. En Juin 1909, les fils télégraphiques et téléphoniques seront coupés entre Charny et Prunoy par des individus qui à l’aide de cordes tendues arracheront les isolateurs de leurs supports. Pour le gouvernement de l’époque « les coupables de ces actes sont des anarchistes »

Pendant plusieurs jours, Charny sera isolé de Joigny, son point d’attache et de tous les autres bureaux environnants. Cette première grande grève généralisée à tous les PTT sera suivie par un très grand nombre d’agents des postes qui malgré les sanctions prises par l’état continueront les arrêts de travail. La France est en colère et le gouvernement ne peut plus laisser les Français et les sociétés sans le seul moyen de communication existant à cette époque.

Le 21 mars 1909, le gouvernement de Georges Clemenceau reçoit les grévistes, promettant la levée des sanctions et la mise à l’écart de M. Simyan (sous-secrétaire d’État aux Postes et Télégraphes).

Le mardi 23 mars, les grévistes décident de suspendre le mouvement de grève. Au cours du mois suivant, aucune des promesses de Georges Clemenceau ne sera tenue
M. Simyan restera au gouvernement et des enquêtes seront ouvertes à l’encontre des grévistes les plus en vue.

  Ce bureau de poste n’existe plus, mais le bâtiment est toujours au même endroit au 17 Place Saint-Laurent à Prunoy.

Un petit montage photo pour montrer le bâtiment d’hier et d’aujourd’hui.

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